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Mode de vie solitaire / sorties culturelles grégaires : le paradoxe social de la participation culturelle

Des gens assis dans un théâtre et regardant / écoutant un atelier dirigé sur scène.
Atelier au Centre Stage Theatre 3, Summerland, BC, 2018. Photo: Mike Biden.

8 avril 2019 – De plus en plus de Canadiens vivent seuls. En 2016, pour la première fois, les ménages comptant une seule personne sont devenus le type de ménage le plus répandu au Canada, dépassant les ménages d’un couple ayant des enfants. Considérant que le spectacle est une activité éminemment sociale, les organismes en arts de la scène devraient-ils percevoir ce nouvel état de fait comme une source d’inquiétude ou plutôt comme une situation favorable à l’accroissement de la participation culturelle?

Les ménages comptant une seule personne représentaient 28 % de tous les ménages en 2016, soit 4 millions de Canadiens. Par ailleurs, la plupart des personnes qui vivent seules ont déjà eu un partenaire et ont au moins un enfant. Près des trois quarts (72 %) des personnes de 20 ans et plus vivant seules avaient déjà été mariées ou avaient déjà vécu en union libre, et plus de la moitié (55 %) avaient au moins un enfant. Parmi les personnes vivant seules et ayant un enfant à charge issu d’une union précédente, 59 % ont déclaré que leur enfant avait vécu avec elles pendant une certaine période au cours de l’année précédente.

Les personnes vivant seules disposent sans aucun doute d’une plus grande liberté dans leur emploi du temps que les couples avec enfants. À première vue, ce mode de vie pourrait donc être avantageux pour les organismes en arts de la scène. Toutefois, Statistique Canada remarque que « la vie avec un enfant ou un partenaire est susceptible d’avoir une incidence sur les décisions et les habitudes de consommation des personnes vivant seules, y compris les choix concernant le logement, l’ameublement, les loisirs, l’alimentation et les habitudes quotidiennes. » Les coûts de logement peuvent représenter un fardeau important pour les personnes vivant seules, en particulier si elles ont un ou des enfants à charge. En 2016, 41 % des ménages composés d’une seule personne avaient des coûts mensuels de logement considérés comme étant inabordables (c.-à-d. qu’ils représentaient 30 % ou plus de leur revenu mensuel moyen), comparativement à 17 % des autres ménages. Ainsi, même en supposant que les personnes seules aient un emploi du temps plus flexible, dès lors que ce temps de loisir n’est pas accompagné d’un revenu disponible pour des dépenses de loisir, les obstacles à la participation culturelle subsistent.

Or, le fait de vivre seul pourrait aussi avoir une incidence sur d’autres obstacles à la fréquentation. Parmi ceux-ci, l’empêchement dû au fait de « n’avoir personne avec qui y aller » est fréquemment évoqué dans les sondages sur la participation culturelle. Cet obstacle attitudinal peut être un réel frein dans le cas des sorties, comme les spectacles, qui sont perçues comme des activités sociales.

Vivre seul n’est pas nécessairement synonyme de solitude. Ainsi que le souligne Statistique Canada, « de nombreuses personnes vivant seules entretiennent des liens étroits avec des personnes qui leur sont chères, comme des enfants issus d’une relation précédente ou un partenaire avec qui elles ne vivent pas. » Vivre seul peut même être un choix affirmé. À preuve, le tiers des jeunes adultes (âgés de 20 à 34 ans) vivant seuls entretenaient une relation de couple vivant chacun chez soi, c’est-à-dire qu’ils étaient en couple avec une personne résidant ailleurs.

Néanmoins, il y a lieu de se demander si ce mode de vie pourrait avoir une incidence sur la prévalence de l’isolement social et de la solitude au sein de la société. Par exemple, les personnes vivant seules ont déclaré des niveaux autoévalués en matière de santé, de santé mentale et de satisfaction à l’égard de la vie plus faibles, dans l’ensemble, que les personnes vivant avec d’autres personnes. Or, la recherche en santé a démontré que ces indicateurs de bien-être sont étroitement liés à des indicateurs sociaux tels que la présence de réseaux de soutien ou le sentiment d’appartenance à sa communauté.

Ces différentes données statistiques soulèvent des questions intéressantes pour les organismes en arts de la scène :

  • Comment les organismes artistiques peuvent-ils élaborer des programmes et des politiques de tarification permettant au personnes vivant seules, et en particulier celles qui se sentent seules, d’accéder aux arts de la scène?
  • Comment les organismes artistiques peuvent-ils concevoir des programmes qui visent spécifiquement à favoriser les interactions sociales et à accroître le sentiment d’appartenance?
  • Comment les organismes artistiques peuvent-ils aménager des contextes accueillant qui rendent la participation culturelle facile et confortable, même pour les personnes qui n’ont personne pour les accompagner?

Afin d’apporter des réponses à ces questions importantes, la Fête de la culture et CAPACOA proposent deux rencontres en ligne.

Deepening Sense of Belonging Through Arts and Culture

Mercredi, 24 avril 2019, 14 h 00 (HAE) [présenté en anglais seulement]

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Le paradoxe social de la participation culturelle

Jeudi, 9 mai 2019, 13 h 00 (HAE) [présenté en anglais avec animation dans les deux langues officielles]

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Qui sont les gens vivant seuls (une description est disponible sur le site de Statistique Canada)

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La diffusion : des retombées dans la chaîne du spectacle et dans les collectivités

La participation culturelle des nouveaux Canadiens

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