Au cœur commercial d’Abidjan (dans le quartier du Plateau), un animateur annonce le prochain événement de la MASA dans la cour de l’Institut Français de Côte d’Ivoire, un exemple emblématique du brutalisme tropical post-indépendance. Les pare-soleil en béton brut apparent et les volumes géométriques audacieux étaient caractéristiques de l’architecture publique ouest-africaine des années 1970.
Chez CAPACOA, nous contribuons à créer des opportunités pour les diffuseurs et les artistes en participant à des activités internationales qui favorisent la création de liens significatifs à travers le globe.
Dans cette édition des Souvenirs de la route, Gabrielle Martin, directrice artistique du PuSh International Performing Arts Festival, nous donne un aperçu du Marché des Arts du Spectacle Africain d’Abidjan (MASA) et met en lumière le travail de Faso Danse Théâtre et de Serge Aimé Coulibaly.
La réflexion de Gabrielle
| En avril, je me suis rendue à Abidjan, en Côte d’Ivoire, dans le cadre de la délégation de la CAPACOA à la Marché des Arts du Spectacle Africain (MASA). Ce qui me reste surtout de cette expérience, c’est à quel point il était essentiel d’être sur place — non seulement pour découvrir des œuvres susceptibles d’être présentées, même si j’ai découvert plusieurs productions que je serais ravie de partager avec les publics de PuSh, mais aussi pour approfondir ma compréhension des conditions dans lesquelles la création, la production et la diffusion artistiques prennent place. D’un point de vue occidental/canadien, il est impossible de saisir à distance les nuances qui émergent de l’intersection des pratiques culturelles, de la politique, de l’esthétique et du lieu. Participer à la MASA a ajouté une nouvelle dimension à ma façon de situer les pratiques canadiennes à l’international et à ma réflexion sur la manière de mieux accueillir les artistes du continent africain et de contextualiser leur travail pour les publics d’ici. La MASA m’a semblé être un lieu de rassemblement et d’échange essentiel. Son équipe de programmation — composée d’artistes et de responsables artistiques internationaux possédant une connaissance approfondie des arts de la scène à travers le continent — a réuni une programmation exceptionnelle. En me déplaçant d’un lieu à l’autre dans Abidjan, j’ai eu de magnifiques échanges avec des artistes du Burundi, du Nigeria, du Mozambique et de nombreux autres endroits, tout en découvrant l’ampleur du travail qui se crée et circule. Partager ce voyage avec mes collègues de la CAPACOA a rendu l’expérience particulièrement riche : nous avons parcouru ensemble un dédale de lieux, échangé nos impressions sur ce que nous avions vu et nous sommes entraidés pour nous orienter — et, à l’occasion, pour trouver quelque chose à manger tard le soir. |
L’artiste en vedette : Faso Danse Théâtre et Serge Aimé Coulibaly

| L’un des moments forts a sans aucun doute été C la Vie de Faso Danse Théâtre, une œuvre créée par le chorégraphe et directeur de festival burkinabè Serge Aimé Coulibaly, qui travaille entre le Burkina Faso et la Belgique. Je suivais le travail de Coulibaly depuis quelque temps, mais je n’avais encore jamais eu l’occasion de le voir en spectacle. Conçue comme une place publique habitée par sept danseurs, une chanteuse et un percussionniste, C la Vie pose une question d’une profonde urgence contemporaine : comment pouvons-nous véritablement être ensemble? À travers la danse, le chant en direct et les percussions, l’œuvre se déploie comme un parcours initiatique façonné par la rencontre — avec les autres, avec le temps, avec la musique et avec un monde en profonde transformation. Cela faisait quelque temps que je n’avais pas vécu une expérience de danse accompagnée de musique en direct à une telle échelle, et l’effet était profondément immersif. La performance a généré quelque chose qui s’apparentait à une transe collective, faisant de la joie, de la communauté et de l’espoir des façons de traverser la crise. La MASA m’a rappelé que l’engagement international ne consiste pas seulement à repérer ce qui pourrait être présenté en tournée. Il s’agit d’élargir les contextes à travers lesquels nous comprenons l’art, de cultiver des relations et de devenir des hôtes et des intermédiaires plus attentifs lorsque les œuvres voyagent d’une culture à l’autre. Gabrielle Martin Directrice artistique, PuSh International Performing Arts Festival |
