Chez CAPACOA, nous sommes résolus à offrir des opportunités internationales aux diffuseurs et aux artistes en prenant part à des évènements sur la scène mondiale et en nouant des relations durables à travers le globe.
Nous éprouvons une grande joie à l’idée d’élargir notre série Les mémoires de la route au-delà de notre infolettre Libre Accès . Nous la lancerons sous forme de blogue sur notre site Web, ainsi que sur nos réseaux sociaux (Facebook et Instagram ). Grâce au point de vue des délégués de CAPACOA, Les mémoires de la route propose des récits authentiques. Ces témoignages portent sur les opportunités internationales dans le domaine des arts de la scène, les évènements, les vitrines professionnelles et les échanges culturels. Tous ces éléments renforcent le secteur canadien des arts de la scène. Chaque édition partage les observations d’un délégué sur son expérience, en mettant en évidence le travail d’un artiste qui l’a profondément impressionné.
Dans cette édition, Liliona Quarmyne, directrice artistique de Live Art Dance, revient sur son expérience au Marché des Arts du Spectacle Africain d’Abidjan (MASA) et met en lumière le travail de Gregory Maqoma, Vincent Mantsoe et Mai-Juli Machado.
La réflexion de Liliona
Il y a deux ans, lorsque ma collègue et amie, Raeesa Lalani, a participé à la délégation de CAPACOA au Marché des Arts du Spectacle Africain d’Abidjan (MASA), elle m’a vivement recommandé d’y assister en me disant : « Liliona, il FAUT que tu y ailles. » J’avais déjà entendu parler du MASA au fil des ans, mais l’enthousiasme de Raeesa l’a fait passer en tête de mes priorités. Quand l’opportunité de m’engager dans la délégation de CAPACOA s’est présentée plus tôt cette année, je n’ai pas hésité une seconde. Et je suis vraiment heureuse de l’avoir saisie, car ce voyage a été tout simplement extraordinaire ! Assez fou par moments, mais extraordinaire.
Notre équipe, composée de Gabrielle Martin, Alfredo Caxaj-Ruiz, Judy Harquail et notre courageuse cheffe de délégation, a passé une semaine à Abidjan. Si je devais partager toutes nos aventures, cela prendrait des heures. Je vais donc me contenter de partager quelques réflexions qui me viennent à l’esprit en me remémorant cette expérience.
La danse contemporaine est bien vivante
Avant mon arrivée à Abidjan, cela faisait longtemps que je n’avais pas ressenti une énergie aussi vibrante lors d’un spectacle de danse contemporaine. J’entends souvent dire que la danse contemporaine est en déclin ou qu’elle demeure inaccessible pour de nombreux publics, mais ce n’est pas du tout ce que j’ai observé à Abidjan. J’y ai vu des spectateurs se lever d’un bond pour applaudir, sauter, danser et exprimer avec ferveur leur enthousiasme par ce qu’ils venaient de vivre. Ce fut un rappel exaltant et réjouissant que, malgré nos idées préconçues, la danse contemporaine est bel et bien vivante.
Les héritages complexes du colonialisme
La Côte d’Ivoire est voisine du Ghana, l’un des pays dont je suis originaire (l’autre étant les Philippines). Comme des artistes de la danse provenant de partout sur le continent africain se rendaient au MASA pour y présenter leur travail, je me réjouissais à l’idée de rencontrer des artistes ghanéens que je ne connaissais pas encore. Pourtant, cela ne s’est pas produit : je n’ai rencontré aucun danseur ni chorégraphe ghanéen. En fait, il y avait très peu d’artistes provenant de l’Afrique anglophone. Je sais que la langue explique en partie cette situation, mais les différentes trajectoires héritées du colonialisme jouent également un rôle important. La France a investi massivement dans les arts pendant et après la période coloniale, tandis que les Britanniques se sont davantage concentrés sur les gains économiques et l’extraction des ressources. C’est cette réalité que j’ai vue se refléter au MASA. Qu’on me comprenne bien : à mes yeux, aucune forme de colonialisme n’est préférable à une autre, et je ne prétends certainement pas que la colonisation française ait été « meilleure » que la colonisation britannique. Cependant, en ce qui concerne la danse, l’Afrique francophone et l’Afrique anglophone se trouvent aujourd’hui dans des situations très différentes. La question est complexe.
Le métier avant tout
Selon les normes canadiennes de diffusion, les artistes devaient souvent faire face à des conditions de travail difficiles, telles qu’un manque de soutien technique, des productions de grande envergure sur des scènes restreintes, des performances en plein air sur du béton brulant. Pourtant, malgré tous ces obstacles, leurs créations parvenaient à éclater. Bien sûr, certaines m’ont plus touchée que d’autres, mais je suis heureuse d’avoir assisté à chaque représentation que j’ai vue, et il y en a eu beaucoup. L’engagement artistique et la pratique étaient remarquables. Les conditions de présentation ne pouvaient pas éclipser cela.
Coup de projecteur sur un artiste
Gregory Maqoma, Vincent Mantsoe et Mai-Juli Machado
Nous avons eu l’occasion d’assister à un remarquable spectacle double mettant en scène Gregory Maqoma et Vincent Mantsoe, que nous sommes en train de préparer pour une représentation canadienne en 2028. Plusieurs autres artistes ont également retenu mon attention, mais celle que je souhaite mentionner pour l’instant est Mai-Juli Machado. Mai-Juli est une jeune chorégraphe et danseuse mozambicaine qui amorce une nouvelle étape de sa carrière. J’ai trouvé son solo, qui « retrace un parcours générationnel de femmes, marqué par les souvenirs, les expériences et les transformations », d’une grande finesse et d’une nuance remarquable.
Liliona Quarmyne, Directrice artistique, Live Art Dance